Quelle belle journée aujourd’hui, n’est-ce pas ? La fête des mères… Cette initiative, qui puise son origine jusque dans la Grèce Antique (fête païenne, polythéiste) ou, en France, dans les années 1950 (quand la Fête des mères est intégrée dans le calendrier), semble si bonne et belle. Je dois avouer néanmoins qu’elle ne me séduit pas totalement – il faut dire que je n’ai jamais été conquis par ces « Journée de… » où l’on est demandé de penser, un jour sur trois-cent-soixante-cinq, aux opprimés, aux nants ; et parfois, à mon grand regret, à des minorités lobbyistes.

En cette journée qui célèbre nos mamans, trésors inestimables de nos vies, méditons un peu ensemble. Mais d’abord posons-nous quelques questions.
Combien d’entre nous passent-ils ont vu le manque de respect se banaliser dans leur relation avec leurs parents en général, et leur mère en particulier ? Combien haussent-ils le ton en leur présence voire sur eux ? Combien n’embrassent-ils pas leur mère au moins une fois par jour ? Combien ne répondent-ils pas aux besoins de leur mère avant même que celle-ci ne les exprime ? Ne cherchez pas à compter, essayons juste de nous remettre nous-mêmes en question.
Je dois avouer qu’il est assez désagréable de lire sur un ordinateur et particulièrement sur Facebook où les notifications et les conversations affluent, mais je vous prie de bien vouloir continuer et vous concentrer quelques instants, je pense et j’espère que vous ne le regretterai. J’aimerais donc, si vous me suivez encore, attirer votre attention sur quelques citations qui ne sont pas anodines. Il s’agit tout bonnement de versets Coraniques et de Hadiths (paroles du Messager d’Allah, Muhammed, Paix et Bénédictions d’Allah sur lui, rapportées de manière fidèle et fiable).
Le premier est extrait de la Sourate Le Voyage Nocturne (17), versets 23 et 24 :
<< N’assigne point à Allah d’autre divinité; sinon tu te trouveras méprisé et abandonné. Et ton Seigneur a décrété : « n’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi; alors ne leur dis point : “Fi!” et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde; abaisse pour eux l’aile de l’humilité; et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous deux; miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ». >>
Sans trop s’attarder sur son exégèse (Tafsir), remarquez l’injonction divine de n’associer rien ni personne à l’Unique, exalté soit-Il; et, tout de suite après, plusieurs lignes pour nous inciter à adopter un bon comportement envers ses parents.
Dans un hadith qui évoque quelques-uns des grands péchés (Kabâ’ir), voilà ce qu’on trouve :
Abd-Allah Ibn ‘Amar Ibnou El ‘As rapporte que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :
« Les grands péchés sont : L’association (Chirk), l’ingratitude envers les parents, le meurtre et le faux serment. »
Un autre Hadith quant à lui, rapporté par Al-Bukhari et Mouslim, révèle qu’un homme vint chez le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) et lui dit:
« Ô Messager d’Allah ! Quel est celui qui mérite le plus que je lui tienne compagnie ? ».
Il dit: « Ta mère ».
Il dit: « Et qui encore? »
Il dit: « Ta mère ».
Il répéta : « Et qui encore? »,
Il dit: « Ta mère ».
Il répéta de nouveau: « Et qui encore? »,
Il dit alors: « Ton père ». »
Ahmad, An-Nassâï et Ibnu Mâjah rapportent d’après Mou’âwiya As-Soulamy qu’un homme vint voir le Prophète Mohamad (صلى الله عليه وسلم) et lui dit :
- « Ô Messager de Dieu, Je désire m’engager au prés de toi dans le Djihad »
- « Ta mère est-elle encore en vie ? », rétorqua le Messager d’Allah.
- « Oui », répondit l’homme.
- « Demeure auprès d’elle, agrippe-toi à ses pieds, c’est là que se trouve le paradis.» dit le Messager d’Allah.
Beaucoup d’entre vous et parmi mes amis les plus proches convertis et ont une famille chrétienne, juive voire athée. A ceux-là aussi la bienfaisance envers les parents est directement prescrite par le Créateur des mondes dans la Sourate Luqman (31), versets 14 et 15 :
<< Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans.” Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez ». >>
Je conclu par ces deux Hadiths qui montrent une fois de plus l’importance des parents en particulier la mère.
« La satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction des parents et Sa colère dans la colère des parents. » (At-Tirmidhi)
« Les martyrs de ma communauté seraient alors peu nombreux : être tué pour la cause d’Allah, le Puissant et Majestueux confère le caractère de martyr, le décès causé par la peste confère le caractère de martyr, la noyade le confère ainsi que la mort provoquée par un mal de ventre. De même, celle qui décède pendant l’accouchement traînera son nouveau-né par le cordon ombilical vers le paradis ».
Le terme sarar signifie le cordon ombilical coupé par l’accoucheuse. Ce hadith est cité par l’imam Ahmad dans son Mousnad grâce à une chaîne sûre.
Chaque jour est une occasion de plus pour glorifier notre Bien-Aimant Bien-Aimé Créateur, et célébrer la miséricorde qu’est notre mère. Ce rappel est tout autant pour moi-même que pour mes frères et sœurs en Allah et en humanité. Je demande donc à Allah de faire de nous une miséricorde pour nos parents ; de nous les préserver ; Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous deux; miséricorde comme ils nous ont élevés tout petit.




