Si « le clan de BHL » soutenait la Palestine, seriez-vous sioniste ?

Qu’ils soient naïfs ou pervers, tout le mal que l’on peut souhaiter aux adeptes désolants d’un anti-impérialisme littéraliste complètement dévoyé de son sens est d’avoir à visiter demain Homs, Hama, Alep ou n’importe quel ville de Syrie, sans oublier, à Damas, les décombres du camp palestinien de Yarmouk, avec leurs post enflammés sous le bras. Et de devoir, au milieu des décombres, expliquer autour d’eux : « Chers amis syriens…, chers Palestiniens de Yarmouk ! « Cessez donc d’obéir aux ordres de François Hollande, de l’émir du Qatar et du roi d’Arabie Saoudite » ! « Arrêtez de ne pas vous laisser massacrer !» « Soyez raisonnables !…. « Vous aurait-il échappé que celui qui vous fait torturer… soutient la cause palestinienne ?! » « Et qu’il est allié avec l’Iran révolutionnaire ».
Ont-ils conscience de l’ étrangeté du cadeau qu’ils font là – tous ces anti-impérialistes en chambre qui veulent écrire l’histoire en se passant de l’avis des peuples – à la cause palestinienne ou anti-impérialiste dont ils se disent les «vrais» défenseurs ? La cruelle erreur qui plombe mortellement leur posture résulte (sauf bien sûr pour les membres omni présents de « l’armée électronique » de Bachar al-Assad) de leur coupure avec le terrain syrien. Elle les conduit à croire que parce que des forces étrangères (quand bien même comprendraient elles « le clan de BHL » et ses alliés) effectivement bien peu légitimes à défendre soudainement la démocratie en Syrie, soutiennent l’opposition syrienne, celle-ci devient ipso facto réactionnaire; et que le despote dont elle cherche à débarrasser la Syrie doit être protégé. Personne n’a pourtant jamais nié que la coalition étrangère qui soutient (ou plutôt qui dit soutenir, car, alors qu’à Alep aujourd’hui, les hélicoptères russes sont à l’abri des pannes et que les canons regorgent de munitions, les armes « saoudiennes », « qataris » ou « occidentales » se font encore cruellement attendre…!) a un agenda bien éloigné de son humanisme affiché. Qu’est-ce qui leur permet enfin (hormis peut être les quelques maladroites déclarations de Borhan Ghalioun, démenties depuis lors) d’affirmer que les forces qui vont succéder à Bachar al-Assad vont se jeter dans les bras de l’Etat hébreu pour lui offrir le Golan et la Cisjordanie ? Les dirigeants égyptiens nouvellement élus ont-ils affiché cette option ? Leurs homologues libyens « alliés de l’OTAN » ou leurs voisins tunisiens ont ils pris ce chemin ?
La révolte syrienne est elle influencée de l’extérieur ? Oui, sans doute. Mais dans quelle proportion ? Toute la question est là ! Comment ne pas voir que quatre-vingt dix pour cent du soulèvement en cours est l’expression d’une magnifique mobilisation populaire syro syrienne ! Puissent donc les généreux pourfendeurs des impérialistes manipulateurs venir faire une petite visite en Turquie ou en Jordanie dans les camps de réfugiés syriens. Et les plus courageux d’entre eux s’avancer vers les faubourgs d’Alep ou de Damas.Ils cesseraient bien vite, comme tant d’autres avant eux, de distiller cette prose dont on pourrait se contenter de dire qu’elle est dogmatique et stupide si elle n’était pas, accessoirement, mortifère.

François Burgat, « La Palestine doit être protégée de ses ‘amis’ ! »

Complotisme et démission

Le Désespéré, Courbet.

A tous les complotistes obstinés qui pensent que les États-Unis et Israël sont derrière chaque mouvement de fourmi; à tous ceux qui pensent que les Illuminatoz (Jhon Rachid) épient le moindre de nos mouvements; à tous ceux qui pensent que les révolutions Arabes sont une stratégie atlanto-européo-sioniste; à tous ceux qui pensent que l’antéchrist est Bush ou Obama ou la reine d’Angleterre ou Bob l’éponge, que les Juifs dominent le monde, que tout est scellé, que Mars attaque, je réponds:

On a bien compris qu’il y a des complots, c’est d’ailleurs comme ça que l’histoire s’est faite. En ces termes, Balzac écrivait: « Il y a deux histoires: l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements. »
Mais cessons la paranoïa, nous ne sommes pas dans The Truman Show. Si « ils » sont partout, sachons alors que Dieu est Omniscient et Il connait le contenu de poitrines. S’ils ont beaucoup de pouvoir, sachons alors que Dieu est l’Omnipotent, le Roi, Seigneur des deux univers et Créateur de ceux qui détiennent le moindre pouvoir. Ne justifions pas notre démission de l’Histoire par un rejet quasi systématique sur un ennemi invisible. Les forces du mal œuvrent, dites-vous ? Soit ! Que faites-vous, vous, pour le bien ? Montrer du doigts les comploteurs pendant que, eux, progressent ? Hélas, c’est souvent signe d’un désinvestissement, car celui qui œuvre pour le bien n’a pas beaucoup de temps pour observer et commenter en permanence l’oeuvre (futurs échecs) du mal. Soyons acteurs et non spectateurs. Plaçons notre confiance en notre Créateur et œuvrons, Dieu se charge du reste. ‘Umar ibn al-Khattâb (رضي الله عنه) disait : « Le mutawakkil* est celui qui sème le grain dans la terre, puis s’en remet à Dieu. »

Qu’Allah nous accorde la clairvoyance, nous guide et guide à travers nous, et nous permet d’être Ses humbles et dévoués serviteurs.

*Celui qui place sa confiance en Celui à qui on se confie et dont le soutien ne fléchit jamais, Allah.

Je vous maintenant avec les mots qui ne sont plus les miens, et à Allah appartiennent les meilleures paroles. Traduction approximative et approchée des versets du Coran:

« Et ils [les autres] se mirent à comploter. Allah a fait échouer leur complot. Et c’est Allah qui sait le mieux leur machination ! » Sourate (3) Al-i’Imran – Verset 54.
« Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n’en sont pas conscients. » Sourate (6) Les Bestiaux – 123
– « (Et rappelle-toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t’emprisonner ou t’assassiner ou te bannir. Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes. » Sourate (8) Le Butin – 30.
– « Ils ont certes comploté. Or leur complot est (inscrit) auprès d’Allah même si leur complot était assez puissant pour faire disparaître les montagnes… » Sourate Ibrahim – 46.
– « Endure ! Ton endurance [ne viendra] qu’avec (l’aide) d’Allah. Ne t’afflige pas pour eux. Et ne sois pas angoissé à cause de leurs complots. » Sourate Les Abeilles – 127.
– « Et ne t’afflige pas sur eux et ne sois pas angoissé à cause de leur complot. » Sourate Les Fourmis – 70.
– « Quiconque veut la puissance (qu’il la cherche auprès d’Allah) car la puissance tout entière est à Allah : vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action. Et quant à ceux qui complotent de mauvaises actions, ils auront un dur châtiment. Cependant leur stratagème est voué à l’échec. » Sourate Le Créateur – 10.
– « N’étions-nous pas avec vous ? ” leur crieront-ils. “Oui, répondront [les autres] mais vous vous êtes laissés tenter, vous avez comploté (contre les croyants) et vous avez douté et de vains espoirs vous ont trompés, jusqu’à ce que vînt l’ordre d’Allah . Et le séducteur [Le diable]: vous a trompés au sujet d’Allah. » Sourate Le Fer – 14.

Fête des mères, dites-vous ?

Quelle belle journée aujourd’hui, n’est-ce pas ? La fête des mères… Cette initiative, qui puise son origine jusque dans la Grèce Antique (fête païenne, polythéiste) ou, en France, dans les années 1950 (quand la Fête des mères est intégrée dans le calendrier), semble si bonne et belle. Je dois avouer néanmoins qu’elle ne me séduit pas totalement – il faut dire que je n’ai jamais été conquis par ces « Journée de… » où l’on est demandé de penser, un jour sur trois-cent-soixante-cinq, aux opprimés, aux nants ; et parfois, à mon grand regret, à des minorités lobbyistes.

En cette journée qui célèbre nos mamans, trésors inestimables de nos vies, méditons un peu ensemble. Mais d’abord posons-nous quelques questions.
Combien d’entre nous ont vu le manque de respect se banaliser dans leur relation avec leurs parents en général, et leur mère en particulier ? Combien haussent-ils le ton en leur présence, voire sur eux ? Combien n’embrassent-ils pas leur mère au moins une fois par jour ? Combien ne répondent-ils pas aux besoins de leur mère avant même que celle-ci ne les exprime ? Ne cherchez pas à compter, essayons juste de nous remettre nous-mêmes en question.

Je dois avouer qu’il est assez désagréable de lire sur un ordinateur et particulièrement sur Facebook où les notifications et les conversations affluent, mais je vous prie de bien vouloir continuer et vous concentrer quelques instants, je pense et j’espère que vous ne le regretterai.  J’aimerais donc, si vous me suivez encore, attirer votre attention sur quelques citations qui ne sont pas anodines. Il s’agit tout bonnement de versets Coraniques et de Hadiths (paroles du Messager d’Allah, Muhammed, Paix et Bénédictions d’Allah sur lui, rapportées de manière fidèle et fiable).

Le premier est extrait de la Sourate Le Voyage Nocturne (17), versets 23 et 24 :
<< N’assigne point à Allah d’autre divinité; sinon tu te trouveras méprisé et abandonné. Et ton Seigneur a décrété : « n’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi; alors ne leur dis point : « Fi! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde; abaisse pour eux l’aile de l’humilité; et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur; à tous deux; miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ». >> 

Sans trop s’attarder sur son exégèse (Tafsir), remarquez l’injonction divine de n’associer rien ni personne à l’Unique, exalté soit-Il; et, tout de suite après, plusieurs lignes pour nous inciter à adopter  un bon comportement envers ses parents.

Dans un hadith qui évoque quelques-uns des grands péchés (Kabâ’ir), voilà ce qu’on trouve :

Abd-Allah Ibn ‘Amar Ibnou El ‘As rapporte que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :
« Les grands péchés sont : L’association (Chirk), l’ingratitude envers les parents, le meurtre et le faux serment. »

Un autre Hadith quant à lui, rapporté par Al-Bukhari et Mouslim, révèle qu’un homme vint chez le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) et lui dit:
« Ô Messager d’Allah ! Quel est celui qui mérite le plus que je lui tienne compagnie ? ».
Il dit: « Ta mère ».
Il dit: « Et qui encore? »
Il dit: «  Ta mère ».
Il répéta : «  Et qui encore? »,
Il dit: « Ta mère ».
Il répéta de nouveau: « Et qui encore? »,
Il dit alors: « Ton père ». »

Ahmad, An-Nassâï et Ibnu Mâjah rapportent d’après Mou’âwiya As-Soulamy qu’un homme vint voir le Prophète Mohamad (صلى الله عليه وسلم) et lui dit :
– « Ô Messager de Dieu, Je désire m’engager au prés de toi dans le  Djihad »
– « Ta mère est-elle encore en vie ? », rétorqua le Messager d’Allah.
– « Oui », répondit l’homme.
– « Demeure auprès d’elle, agrippe-toi à ses pieds, c’est là que se trouve le paradis.» dit le Messager d’Allah.

Beaucoup d’entre vous et parmi mes amis les plus proches convertis et ont une famille chrétienne, juive voire athée. A ceux-là aussi la bienfaisance envers les parents est directement prescrite par le Créateur des mondes dans la Sourate Luqman (31), versets 14 et 15 :
<< Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. » Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez ». >>

Je conclu par ces deux Hadiths qui montrent une fois de plus l’importance des parents en particulier la mère.

« La satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction des parents et Sa colère dans la colère des parents. » (At-Tirmidhi)

 « Les martyrs de ma communauté seraient alors peu nombreux : être tué pour la cause d’Allah, le Puissant et Majestueux confère le caractère de martyr, le décès causé par la peste confère le caractère de martyr, la noyade le confère ainsi que la mort provoquée par un mal de ventre. De même, celle qui décède pendant l’accouchement traînera son nouveau-né par le cordon ombilical vers le paradis ». 

Le terme « sarar » signifie le cordon ombilical coupé par l’accoucheuse. Ce hadith est cité par l’imam Ahmad dans son Mousnad grâce à une chaîne sûre.

Chaque jour est une occasion de plus pour glorifier notre  Bien-Aimant Bien-Aimé Créateur, et célébrer la miséricorde qu’est notre mère. Ce rappel est tout autant pour moi-même que pour mes frères et sœurs en Allah et en humanité. Je demande donc à Allah de faire de nous une miséricorde pour nos parents  et de nous les préserver. Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils nous ont élevés tout petit.

La médiocrité dans l’engagement chez les jeunes Musulmans

« Le plus détesté des hommes auprès d’Allah est l’oisif (inactif), qui n’est engagé ni dans une activité mondaine ni dans l’effort pour l’au-delà. Il est un fardeau tant pour ce bas-monde que pour la religion. »
Ibn al Qayyim, La Saveur de la prière, p17.

Il n’est pas habituel chez nous musulmans de retourner la plume pour constater l’usure de la pointe. Il est des hommes qui devraient réfléchir à deux fois avant de prendre un engagement. Nos actions sont déterminées et conditionnées, le plus souvent par nos émotions, sans que la raison ne soit consultée ou sollicitée. Nombres de Frères et de Sœurs se lancent dans des projets sans mesurer le poids des responsabilités et du travail que cela implique. Trois constats simples mais que l’on peut généraliser à l’ensemble de la population active au sein de notre communauté musulmane ; Nous manquons cruellement de personne ayant le sens de la sincérité, de la responsabilité et du sacrifice.

Très peu de frères et de sœurs sortent du lot mais sont très vite laminés par l’érosion qui est engendré par la désinvolture des personnes avec qui, ils ou elles doivent composer. L’engagement de ces « leaders » cache une réalité douloureuse que peu de gens voient ou comprennent en termes de sacrifice familial et personnel. Certes nos intentions et nos buts ne recherchent rien d’autre que l’agrément et la grâce d’Allah. Une réalité s’impose chez les musulmans dans leur engagement associatif, politique, sociale… la mollesse et la passivité sont déconcertantes dans leur attitude. Toutes les valeurs que l’Islam enseigne en terme de sincérité, d’altruisme, de responsabilité, de rigueur, de ponctualité… rien ou presque de tout cela transpire sur le terrain de l’engagement et du travail pour la communauté et la société civile.

Dépité et laminé sont sûrement les deux mots qui illustrent le mieux l’état général de ce qui se sont sacrifiés pour faire avancer les projets relatifs à la communauté musulmane et qui un moment ou un autre, ont dû tout arrêter brusquement. Travailler sur les cœurs est plus difficile que l’activité du bagnard qui doit casser et tailler les pierres dans les carrières en pleine canicule. Pour avoir été engagé dans de multiples structures associatives dans des régions et pays différents avec des musulmans, de culture et de tradition différentes, notre évolution spirituelle, intellectuelle, technologique et matérielle sont à l’image de l’hypocrisie que nous entretenons dans notre sincérité envers Allah, envers le prophète Muhammad (sav), nos proches, nos collègues et notre environnement. Plutôt que de relever les défis qui sont devant nous, nous agissons de manière pusillanime en espèrent qu’un plus courageux fasse le sacrifice à notre place. Cette fuite en avant face à nos responsabilités a engendré des situations ubuesques où chacun croit maîtriser la situation circonstancielle dans laquelle il se trouve.

La critique est certes dure et difficile à admettre, malheureusement, c’est une réalité remarquable tous les jours sur le terrain de l’engagement social et associatif. La nonchalance, de ceux qui s’engagent pour se donner bonne conscience dans les structures musulmanes, tarit l’énergie de ceux qui s’engagent avec sincérité et dévouement. Il est important que chacun se remette en question régulièrement sur les raisons et les finalités de son engagement afin de ne pas dégrader et mettre en péril les synergies existantes que des braves frères et sœurs ont mises en place aux prix de lourd sacrifice individuel et familial.

Pourquoi la notion de ponctualité est une problématique quasi atavique de génération en génération alors même que l’Islam enseigne la rigueur, qui se traduit dans tout les actes de la vie courante en commencent par la prière qui nous oblige à avoir une conscience de tout les instants de la notion temporelle. Si Allah jure par le temps à mainte reprise dans le Coran, cela devrait nous interpeller sur le caractère sacré et précieux du temps. La communauté qui ne réalise pas l’importance du temps ne peut se relever.

Il y a un proverbe arabe que nous devrions tous méditer sérieusement : « Qui s’instruit sans agir, laboure sans semer ». Les jeunes et plus jeunes musulmans engagés doivent concrétiser leurs enseignements par une mise en pratique directe sans quoi, leur savoir ne sera rien d’autre que poussière de sable emporté par le vent. Il est grand temps, que chacun de nous prenne conscience que l’on ne pourra être efficace et utile à autrui tant que nous pataugerons dans un marasme de médiocrité. Cet apathie tient plus de notre insouciance entretenue par les distractions artificielles et éphémères que de notre capacité intellectuelle de créer des synergies dynamiques.

Nous trouvons tous le temps pour la distraction futile, mais nous sommes tous occupés lorsque le devoir de nos engagements et de nos responsabilités nous appellent. L’attitude des frères engagés avec nonchalances peut se comprendre en relisant les affirmations d’Aristote lorsqu’il dit ; «La médiocrité nous comble de tous les biens; Je veux vivre au milieu de mes concitoyens». En espérant qu’un jour les musulmans se réveillent pour enfin regarder la réalité en face, il faut persévérer dans le travail pour l’agrément d’Allah et le bien de l’humanité, car la mission première du musulman c’est de vivre dans l’adoration de Celui-ci et de venir en aide à son prochain.

La république est un espace de droit et de devoir, à nous d’être conscient que les droits sont écrits par ceux qui ont le courage de leurs ambitions et de leurs engagements. Il faut savoir que notre indolence fait de nous des soumis qui n’ont d’autre choix que de se plier au devoir de résignation. Notre futur est conditionné par notre présent, à nous de faire en sorte que ce présent soit empreint de sincérité renouvelée dans une détermination sans faille.

R.A

Source: La Parole du Jeune Musulman – Esprit critique & Pensée Libre

L’Héautontimorouménos musulman

Je suis la plaie et le couteau!
Je suis le soufflet et la joue!
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

« L’Héautontimorouménos » (Le bourreau de soi-même), C. Baudelaire, Les Fleurs du mal.

Malek Bennabi, à l'origine des concepts de Mondialisme et de colonisabilité.

L’homme « post-almohadien » est un homme démissionné de l’histoire, un homme sans  efficacité sociale, incapable de reproduire le geste créateur de ses ancêtres de l’âge d’or. Il marque bien le moment de rupture. Bien sûr, les musulmans continueront de garder en apparence, ça et là, la tête hors de l’eau, mais ils sombreront tous inéluctablement dans la non-civilisation. Ils seront désormais incapables de refaire la synthèse de l’homme, du sol et du temps, le catalyseur de la foi première de leurs ancêtres de Médine leur faisant cruellement défaut. Ibn Khaldoun (mort en 1406) avait conscience de cela, non seulement en tant que savant, mais aussi en tant qu’homme politique. Il guettait, le désespoir dans l’âme, le moment où un esprit de corps (‘asabiyya, esprit de corps, idéologie) prendrait le relais, pour ranimer cette Oumma qu’il voyait s’éteindre inexorablement.

Tel est le spectacle qui s’offrira désormais à l’observateur scientifique de la société musulmane. Ibn Khaldoun qui a peut-être pensé un moment trouver en Tamerlan le sauveur de la situation, se contentera de tenter d’en dresser le bilan, non sans noter qu’il avait conscience de découvrir une science nouvelle : le ‘ilm ul-‘imrân, la sociologie, en tant que science de la dynamique sociale. Il fallait sentir le tremblement pour commencer à s’intéresser à ses causes. Notons au passage que le mot arabe ‘imrân est de même racine que isti’mâr qui traduit le mot français colonialisme. Dans un sens, il traduit ce qui existe, dans l’autre il traduit un appel à la colonisation.

Hamlet, 1938.

L’homme post-almohadien est un homme incapable de créativité, réfractaire à l’autocritique, réfractaire aux idées créatrices, un homme sans courage de reconnaître en lui-même la cause de son état. C’est l’homme qui accuse toujours les autres. Sa faiblesse l’ayant conduit à la colonisabilité, puis de là à être colonisé, il tient le colonialisme pour la cause et non l’effet de son état. Sa décision n’est jamais qu’une demi-décision. Quand il agit, il fait peu et mal. Toujours négligent, il est cependant toujours satisfait de lui-même. C’est un homme qui ne connaît pas le dégoût de soi.

C’est l’homme de la ruse. Mais de quelle ruse ! Il ruse contre lui-même. Il apprend à se voiler la face. De nos jours, il est islamiste [Autrement dit un extrémiste. C’est-à-dire non pas un musulman qui se base sur les fondements de l’Islam, mais qui est excessif dans sa pratique quand bien même le Juste Milieu (al-Wassat) est inhérent à l’Islam. Or une pratique excessive est systématiquement amenée à s’estomper. Comme un coureur qui débute sa course par un sprint. Au bout de quelques mètres, s’il n’a pas déjà mis fin à sa course, il ralentit considérablement.]* quand il veut faire mine de s’assumer, baathiste ou berbériste quand il veut faire preuve d’originalité. Il y a quarante ans, il était militant marxiste et progressiste. Maintenant, il est démocrate et républicain. Il est prêt à tous les rôles. Sauf celui de l’honnêteté envers soi-même.

Texte de Malek Bennabi recueilli par son disciple Omar Benaïssa dans  Malek Bennabi et l’avenir de la société islamique.

*Remarque du bloguer (moi-même).

Le cri de la peur

Le Cri, Edvard Munch. Montage by Maxence.

On vient de m’envoyer un article tiré d’Agoravox où il était question de «Deuxième Phase de l’Islamisation…». Comme s’il y avait un complot machiavélique inhérent à l’Islam. L’auteur – à qui je fais honneur en appelant son torchon article – procède à un montage vidéo où il semble mettre en exergue la pieuvre islamiste qui s’empare de la France. Un peu comme on faisait dans les années 1940… Je me suis alors rappelé  un article que je me suis amusé à réfuter. Mais avant de brièvement décortiquer ce dernier, je vous laisse d’abord le découvrir ici.
Et voici mon analyse de l’article de Catherine Segurane, paru le 9 mars 2011: «Un islam de France ? Chiche ? Voici mes propositions ».

Sous un titre à l’allure subversive dans un climat nauséabond envers les musulmans de France, l’auteure de cet article, qui écrit sous le pseudonyme de Catherine Segurane, ne fait pas moins qu’en remettre une couche. Et ce, dés le début de l’article. Elle commence en effet par énumérer un certain nombre de principes républicains auxquelles doit se soumettre l’islam. Elle part donc du postulat que ces principes sont bafoués par l’islam en France. Ces articles de loi proviennent tous de la loi de 1905, promulguant la séparation de l’Eglise et de l’Etat et garantissant, ainsi, une libre pratique cultuelle, voire l’athéisme.

Islam de France ?
Arrêtons-nous sur cette expression qui, ici, est présente à la fois dans le titre et dés la première phrase de l’article: «islam de France». Ce n’est pas l’islam en France, ou encore les musulmans de France, mais l’islam de France. Le complément du nom «de» signifie que l’islam, l’une des trois grandes religions monothéistes, alors même qu’elle est considérée comme universelle, devrait former une sorte de chiisme propre à la France. Cette volonté partagée par un certain nombre d’hommes politiques est sans aucun doute contraire à la loi de 1905 puisque nous assisterions à l’intervention des pouvoirs publics dans les affaires religieuses. Ce qui revient, par conséquent, à rompre le pacte de la laïcité.

Le champ lexical employée par l’auteure dés les premières lignes («accepte», «chercher à contourner», «modifier», «respect de l’ordre public»…) connote un islam hors-la-loi, irrespectueux envers l’ordre public et même comploteur puisqu’il chercherait à «contourner» ou «modifier» la législation française. Pour tenter d’analyser ces énumérations, je m’attarderai de manière non exhaustive, dans l’ordre, sur les plus importantes à mes yeux:

« La République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (article 2)»
Il est clair en effet, que, selon cet article de loi, les autorités publiques ne doivent pas financer les lieux cultuels, tels qu’ils soient. Néanmoins, comme le rappel un article de Rue89: «Ce principe connaît pourtant des aménagements qui permettent de subventionner indirectement les lieux de cultes». Parmi ces aménagements, nous pouvons trouver ceux-ci:

  • Tous les lieux de culte (églises catholiques, la moitié des temples protestants, le tiers des synagogues) construit avant la loi de 1905 sont aujourd’hui la propriété de l’Etat. Ils dépendent donc des financements publics. Ces lieux sont toutefois gracieusement prêtés aux églises respectives.
  • La loi interdit les financements des lieux de culte, mais pas les «associations au fonctionnement transparent» (article 18 et suivants, cité par Catherine Segurane). C’est donc un financement indirect et licite qu’appliquent, quand c’est le cas, les pouvoirs publics pour venir en aide aux associations souvent incapables d’arriver seules à la construction entière des édifices religieux, trop chers pour les fidèles.

Il est également à noter que, faute de subventions suffisantes, les financements d’édifices religieux, notamment les mosquées, proviennent parfois de l’étranger. Or, un certain nombre de «laïques», dont se réclame Catherine Segurane (qui ne cache pas son affiliation à Riposte Laïque et à Marine Le Pen), s’opposent paradoxalement aux financements de mosquées par des pays étrangers.

Les réunions cultuelles se déroulent dans des lieux prévus à cet effet, et sont placées sous la surveillance des autorités dans l’intérêt de l’ordre public (article 25).
Sans aucun doute, Catherine Segurane fait ici, à travers l’article de loi, référence aux fameuses «prières de rue», à Paris dans la rue Myrha (18e arrondissement). Ces prières en pleine rue se déroulent chaque vendredi entre 13heures et 14heures. C’est en effet la prière du vendredi qui réunit le plus de fidèles. La mosquée ne pouvant accueillir suffisamment de monde et n’ayant pas d’autre endroit pour effectuer leur prière, les musulmans du 18arrondissement se voient contraint de prier dans la rue. Le maire, Daniel Vaillant (PS), s’explique:

«Outre les capacités trop réduites des deux mosquées du quartier, il y a une raison supplémentaire: la fermeture de l’importante mosquée du 19e arrondissement rue de Tanger. Il y a eu démolition mais la reconstruction n’est que balbutiante, faute de moyens financiers: donc beaucoup de fidèles viennent dans les mosquées du 18e, qui ne sont pas du tout configurées pour…»

Quant à la surveillance, tout dépend de sa nature. Mais on se souvient des images de la mosquée de Drancy où «l’imam de la république», M.Chalghoumi, avait installé des caméras cachées jusque dans les toilettes…

Les pressions sur les personnes pour les faire participer à un culte ou le leur interdire sont interdites et sanctionnées (article 31).
Il est évident que contraindre quiconque à quoique ce soit est contre-morale et à la fois anti-républicain et anti-islamique. Par conséquent, contraindre le port du voile, un mariage ou toute autre pratique religieuse est à proscrire et doit être condamné. Et vice versa. C’est-à-dire que contraindre d’enlever son voile, par exemple, ou de ne pas manger hallal ne correspond pas à la conception républicaine, dont le but est de rassembler au-delà de toute différence.

Dans le paragraphe suivant, la rédactrice continue une seconde énumération dans laquelle elle se répète en grande partie. Néanmoins, elle apporte quelque chose de nouveau par rapport à ce qu’elle évoquait précédemment. Elle connote, en effet, que l’Islam et le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) ne reconnaissent pas la liberté de conscience et bafouent donc le droit d’apostasie. Ce jugement non fondé (ou bien, comme le reste des accusations contre l’Islam, est fondé sur des anecdotes très minoritaires) est, encore une fois, contraire au dogme islamique. Chose que ne peut savoir une personne qui ne s’intéresse à l’Islam qu’à travers le prisme des préjugés et n’y connait que ce qu’on en dit [de calomnieux] et pas ce que dit l’Islam lui-même.

Dans le restant de l’article, l’auteure associe en permanence religion et politique. Nous avons l’impression par cette redondance que les musulmans sont très présent dans la politique et qu’ils forment un poids juridique, politique voire législatif très lourd. Or, il n’y encore aucun homme politique, de quelque parti qu’il soit, se réclamant de l’Islam et qui prétend se fonder sur le Coran pour faire de la politique. De plus, l’article de 1905 garantissant la laïcité à tout un chacun n’a jamais été visé par les musulmans pour être modifié. Au contraire. Et comme on peut le constater, c’est souvent ceux qui s’en prennent à l’islam qui veulent le modifier.

Comme toute idéologie, la laïcité a ses extrémistes. Profitant de ce climat de procès envers l’islam, la xénophobie n’est plus voilée. Dans la semaine du 15 mars 2011, par exemple, «plusieurs lycéennes sont convoquées, l’une après l’autre, par la proviseure adjointe et la CPE, parce qu’elles portent…une robe longue unie ! ». Dans un autre lycée encore, une jeune fille est elle aussi victime d’un comportement hostile par sa professeur d’anglais. Cette peur, qui se traduit souvent par un discours et un comportement haineux, traduit souvent la méconnaissance de l’autre. Peur d’autant plus amplifiée par la politique internationale de ces dix dernières années et par les débats politiques français qui, faute de véritable pouvoir, jettent des sujets populistes dans la scène publique pour ramasser quelques électeurs.

Shems.

Un invité de marque: le Ramadan

Je n’ai pas vraiment le temps d’écrire de là où je suis mais je tenais à partager avec vous ces quelques rappels fondamentaux. Un invité de marque vient toquer à notre porte. Il est question, à travers cet article, d’en connaitre un tant soit peu la valeur. Très souvent sous-estimé, ou pire encore, dénaturé, ce mois est un véritable océan truffé de trésors inestimables. Et avant de passer à l’essentiel, permettez-moi de rappeler que le Ramadan n’est pas une pratique traditionnelle propre aux Arabes; et ce n’est pas non plus – surtout pas! – un mois dépouillé de son essence spirituelle et studieuse, dédié aux soirées dites culturelles où musique et nourriture abondent. Bref, trêve de verbiage, je vous laisse découvrir un résumé condensé des mérites du Ramadan. Je nous souhaite à tous un Ramadan plein de piété et de soumission au Créateur des deux mondes; qu’il soit pour nous un retour définitif vers le Tout-Miséricordieux, humbles, repentants, soumis…
N’hésitez pas à faire profiter les autres si vous y voyez un bienfait!

Comment recevoir Ramadan, le meilleur des invités ? Dans quelle catégorie de jeûneur te situes-tu ? Quelles sont les rétributions de ce mois bénis, où fut révélé le Coran et qui contient un jour meilleur que 1000 mois (84ans) ?

D’après Salmâne Al-Fârissy : « Le Messager d’Allah (Paix et Bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a sermonné au dernier jour de Cha‘bane et nous a dit : “Ô vous les gens ! Un mois majestueux vous est venu. Un mois béni qui comprend une nuit meilleure que mille mois. Allah a fait du jeûne de ce mois un devoir et de la prière en ses nuits un acte surérogatoire. La plus petite bonne action accomplie pour arriver à l’agrément d’Allah est comptée comme un acte cultuel, et l’obéissance à la plus petite prescription sera comptée comme soixante-dix autres dans un autre mois. C’est le mois de l’endurance qui a pour rétribution le Paradis. C’est le mois du réconfort, un mois où la subsistance du croyant augmente Le début du mois de Ramadan est de la miséricorde, son milieu du pardon et sa fin une délivrance de l’Enfer. Allah pardonnera les péchés et sauvera de L’Enfer celui qui y soulage son esclave.” »  (La chaîne de transmission pour ce hadith est très faible, Al-Albany, “Michkat Al-Maçabih” (La niche aux lanternes) 1906).

Regardez bien les rétributions du jeûne, c’est meilleur encore que des coffres d’or !

1. Rémission de tous les péchés
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dit : « Les Fautes passées de celui qui jeûne Ramadan par foi et par confiance dans la générosité d’Allah sont pardonnées. » (Hadith authentique, Al-Boukhâri 2014).

Si nous n’avons pas jeûné les trente jours avec la piété requise, nous avons une autre chance avec ce hadith : « Quiconque passe les nuits du mois de Ramadan en veille et en prière avec foi (profonde en Dieu) et (ferme) conviction (de la récompense), ses fautes passées lui sont pardonnées. » (Hadith authentique, Al-Boukhari, Mouslim, Abou Dawoûd, At-Tirmizi, An-Nissâi.)

Et une troisième chance avec cet autre hadith :« Quiconque passe la nuit de Leilat Al-Qadr (la nuit du Destin) en veille et en prière avec foi (profonde en Dieu) et (ferme) conviction (dela récompense), ses fautes passées lui sont pardonnées. » (Hadith authentique, Al-Bukhari, Mouslim, Abou Dawoûd, At-Tirmizi, An-Nissâi).

2. Sauvetage de l’Enfer.
Chaque Ramadan, des personnes sont sauvées à jamais de l’Enfer. Ce sont les serviteurs aux cœurs purs qui ont passé le Ramadan pleins de bonnes intentions. Ils n’ont pas besoin d’être des dévots ou des savants. Et comme Allah est généreux, Il ne reprend jamais Son don. Si la personne se trouve parmi les élus, elle échappera à jamais à l’Enfer même si elle fait par la suite quelques petites fautes involontaires.

3. Multitude de bonnes actions
En ce mois, Allah donne largement au croyant. La plus petite bonne action accomplie pour Sa grâce y est comptée comme un acte cultuel, et le mérite de l’obéissance à la plus petite prescription sera multiplié par soixante-dix.

Si par exemple vous accomplissez la prière de Adh-Dhur et que la bonne action est multipliée par dix et pendant le Ramadan multipliée par soixante-dix vous en aurez sept cents. Si vous l’effectuez en groupe, elle sera multipliée par vingt-sept donc dix-huit mille neuf cents, multipliées par cinq prières par jour, vous en aurez quatre-vingt-quatorze mille cinq cents c’est-à-dire à peu près cent mille prières. C’est comme si vous aviez été à la Mecque et prié au Haram. Il en sera de même pour la lecture du Coran dont chaque lettre est multipliée par dix etc.

4. Exaucement des do‘â’ (invocations)
Les invocations sont intimement liées au jeûne et surtout au mois de Ramadan. Un merveilleux verset, à la suite de ceux qui sont venus ordonner le jeûne, vient nous le rappeler  (il peut être traduit par) : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi. alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. » (Al-Baqara – LA VACHE : 186).

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a assuré que les invocations durant le mois de Ramadan sont exaucées et les Compagnons en choisissaient quelques-unes qu’ils répétaient tout au long du mois. Agissons de même et n’oublions pas d’en faire pour toute la Umma musulmane et le renouveau de sa civilisation. Prions Allah de faire de nous les artisans de cette renaissance.

5. Obtenir la rétribution de Leilat Al-Qadr (la nuit de la valeur).
C’est une nuit égale en rétribution à quatre-vingts années de culte. Toute bonne action faite pendant cette nuit est comptée comme ayant été accomplie pendant toute cette durée. Et pourquoi Allah nous donne tout cela ? Tout simplement parce qu’Il est Le Généreux et Il veut nous faire entrer au Paradis.

6. Agrément d’Allah
Allah est satisfait de Son serviteur. Il le fait remarquer aux Anges et les rend témoins qu’Il lui a pardonné ses péchés. Essayons de profiter de la générosité d’Allah en ce mois béni. Nous ne savons jamais combien de fois encore nous allons le revivre.

Dans quelle catégorie de jeûneur veux-tu être ?

1. Le jeûne du ventre. C’est le jeûne ou seul l’estomac jeûne. La personne mène sa vie de tous les jours en ne faisant rien de plus que se priver de nourriture et de boisson. Elle n’y gagne rien de plus que sa faim et sa soif.

2. Le jeûne des sens. Un jeûne de rang plus élevé où la personne évite tout péché qui peut être commis par les sens (écouter une médisance, voir une scène contraire à la morale, etc.)

3. Le jeûne du cœur ou de l’âme. Le meilleur, le plus valeureux, que la personne est supposée vivre pour Allah, toute obéissante à Ses ordres et pensant sans cesse à Lui. L’âme est entièrement tournée vers Son Seigneur, lui disant “ Je suis à Toi, je ne fais que ce qui Te plait.”

Six choses à faire durant le jeûne:

Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) dit : « Ô vous les gens, faîtes voir à Allah ce que vous avez de bien en vous. »
Pourquoi ne pas adopter une devise durant ce mois ? Lorsque le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) devait entreprendre une action importante, il énonçait une devise pour lui et ses compagnons. Moûssa (Moïse) avait par exemple comme devise –ce qui peut être traduit par- : « Et je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait. » (Sourate 20 Tâ-Hâ : V84.)
Ibrahîm (Abraham) avait pour devise –ce qui peut être traduit par – : «  Moi, je pars vers mon Seigneur et Il me guidera. » (Sourate 37 (As-Saffât-Les Rangés) : V99.)
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) disait : « Je suis présent, ô Seigneur, je suis présent et prêt. Tout le bien est entre Tes mains et aucun mal ne vient de Toi. »
Essayons de prendre comme devise le verset – qui peut être traduit par – : « Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux »  (Sourate 3 (’Al-`Imrân-La Famille Imran) : V133.)
Ou une autre : “Je t’adorerai, mon Seigneur, durant ce mois comme je ne l’ai jamais fait auparavant”. Ou encore : “Personne ne me dépassera dans ma course vers Toi, ô Seigneur”.

Nous voulons nous mettre tous d’accord sur six actions à accomplir ensemble et sur lesquelles le Messager (صلى الله عليه وسلم) se concentrait durant ce mois. Nous serons des millions à adorer Allah en masse. Allah nous montrera à Ses Anges et notre rétribution sera beaucoup plus grande. Nous ferons un tableau avec six colonnes où nous mettrons sur la ligne horizontale en tête de chacune : Salât, aumône journalière, bienfaisance envers les parents, invocation, lecture du Coran, action positive. Dans la colonne verticale nous écrirons la date des jours de Ramadan et nous mettrons chaque jour une marque pour l’action accomplie. Essayons de marquer toutes les cases pour toutes les actions chaque jour de Ramadan.

Pour la Salât, nous essayerons de l’accomplir en groupe.

Pour l’aumône, essayons d’imiter le Messager (صلى الله عليه وسلم) dont ‘Â’Icha disait : « Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) était le plus généreux des hommes. Cette générosité se manifestait pleinement durant le mois de Ramadan lorsque Djibrîl (Gabriel, que la paix soit sur lui) venait chaque nuit lui enseigner le Coran. Et lorsque Djbrîl le rencontrait, le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم)  était plus généreux que le vent envoyé par Allah (vent porteur de pluie) ». (Boukhari, Mouslim An-nissa’i Ibn Hanbal)

Soyons bienfaisant envers nos parents et tous les autres membres de la famille tant que nous pouvons. Pour les invocations, nous allons nous concentrer sur deux en particulier: implorer Allah de nous sauver de l’Enfer et de faire de nous les artisans de notre renaissance. Nous essayerons de faire une lecture complète du Coran et si possible le réciter entièrement en séquences pendant la Salât. Nous accomplirons des actions positives comme aider quelqu’un, offrir un bien utile, comme un livre ou une cassette, planter un arbre dans le quartier, etc. Nous devons nous promettre de faire ces actions et ne pas penser que cela sera difficile avec le jeûne. Le Messager (صلى الله عليه وسلم) et les Compagnons avaient entrepris les batailles les plus importantes durant le Ramadan. Je sais que les femmes aideront le plus à l’accomplissement de ce projet parce que les femmes ont beaucoup de détermination lorsqu’elles se mettent quelque chose en tête.
J’ai le pressentiment que beaucoup de choses vont changer pour notre Umma après ce Ramadan. Ce mois est pour la Umma ce que l’hiver est pour la Terre. Il l’enrichit avec des éléments qu’elle emmagasine pour s’en servir toute l’année. C’est notre grand espoir, essayons d’emmagasiner le plus de richesse possible.

Un très beau hadith dit : « Ô vous les gens. Ramadan, le mois béni est venu vous recouvrir de ses bienfaits. Allah fait descendre Sa miséricorde, Son pardon, exauce les invocations, observe votre compétition pour le bien, le fait remarquer à Ses Anges et les rend témoins de Son pardon. Montrez à Allah ce que vous avez de bien en vous, le démuni est celui qui a été privé de la miséricorde d’Allah. »

Ce document est une traduction du premier épisode de l’émission du prédicateur musulman, le Dr. Amr Khaled, ‘Sur la voie du bien-aimé’ (Paix et Bénédictions d’Allah soient sur lui).